Le littoral nord de Bahia




La route qui relie Salvador à Aracaju au Sergipe, longe la côte. Elle s'appelle la BA-099 et se partage en deux parties qui portent deux noms qui font rêver :

- La première, on l'appelle la "Estrada do Coco" (la route du coco).  Elle va de l'Aéroport International de Salvador jusqu'à Praia do Forte.  

- Ensuite elle est prolongée par la "Linha Verde" (BA-099) qui va de Praia do Forte jusqu'à Mangue Seco, à la limite avec le Sergipe.

C'est une route bien entretenue, presque une autoroute. D'autant plus qu'elle est à péage.

A partir de cette voie rapide, des routes plus ou moins de terre conduisent à des plages paradisiaques, et des villages de pécheurs :

Arembepe, Praia do Forte, Imbassaí, Porto de Sauípe, Massarandupió, Subaúma, Baixio, Barra do Itariri, Sítio do Conde, Costa Azul, Itacimirim, Guarajuba et Sauípe.


ESTRADA DO COCO


Jauá

Jauá appartenait au comté de Vila de Abrantes et est située à 15 km du début de l'estrada do Coco. La plage de Jauá est le première plage que l'on rencontre en arrivant dans le district de Camaçari, exactement à Vila de Abrantes, où la plage de Jauá est située.

Jauá est le nom d'une sorte de perroquet, typique de la côte de Bahia.

Ancien village de pêcheurs, à Jauá, quand la mer est haute, il y a de grosses vagues. Quand la marée est basse, se forme une grande piscine, qui se transforme en un aquarium naturel.

Sur 2,5 km de côte, se succèdent du sud au nord : Praia do Japonês, Sororoca, Pedra da Baleia et Praia do Grilo. Les dunes of Jauá font partie d'une protection environnementale, sous la gouvernance du Parque das Dunas de Abrantes. 

Arembepe

A moins de 50 km de Salvador, le village d'Arembepe, est un village entre mer et lagune que longe une plage magnifique. Les vagues sont fortes et idéales pour le surf. Mais, à marée basse, des piscines naturelles se découvrent entre les récifs, et on peut facilement s'y baigner. Arembepe est reconnu comme un refuge écologique, avec une végétation protégée.

J'y suis allée deux fois en février 1999 et en février 2002.




   
Arembepe est devenue célèbre dans les années 70, parce que c'est là qu'a surgi la première communauté hippie du Brésil. Diverses cabanes rustiques s'y sont construites, entre la lagune du rio Capivara et près des piscines naturelles formées par les récifs de la plage. Janis Joplin et Mick Jagger aimaient s'y retrouver et y ont séjourné.

Mais pas dans les huttes, dans cette maison...


Il en reste quelques cabanes, que l'on nomme aujourd'hui "Aldeia Hippie" (le village hippy)

Aldeia Hippie (Arembepe 1999)

 
En 1999



Bain dans la lagune


J'adore les lambretas

Au sud du village hippie existe un centre faisant partie du Projeto Tamar, un lieu de préservation des tortues de mer. Cette plage est un lieu privilégié de ponte des tortues marines.

Le centre Tamar, qui depuis longtemps développe un programme de preservation des tortues marines, a transformé une partie de la plage en un véritable sanctuaire dédié a la ponte, pratiquant l'incubation.

Le "Projet Tamar" à Arembepe en 2002
  

Nous avons la chance d'assister à un moment exceptionnel et émouvant : les petites tortues sorties de leurs oeufs sont remises à la mer. Dès qu'elles sont libres sur la plage, elles courent instinctivement vers les vagues. On ne saura jamais lesquelles survivront, lesquelles ne seront pas assez fortes.



Ce centre du Projet Tamar est devenu une attraction touristique importante.



Mais l'intérêt de Arembepe, c'est évidemment, la beauté de son paysage. Pas étonnant qu'ils se soient installés là dans les années 70. J'aime beaucoup cet endroit, car il n'est pas devenu chic, il reste populaire. La mer est cependant assez forte, mais on peut trouver des petits trous (des piscines naturelles) à marée basse pour s'y baigner.
  
 En 2002


Jacuipe

Barra do Jacuípe, est à l'origine un village de pêcheurs, situé à 33 km de Salvador. La plage de Jacuípe est plus précisément située entre les plages d'Arembepe et de Guarajuba, on est 15 km après Arembepe. Le fleuve Jacuípe se déverse sur la plage.

La baignade est un peu dangereuse à marée haute en raison des forts courants. C'est une plage plus populaire et plus simple que Praia do Forte.

Nous y sommes allés un superbe dimanche de 2001. La mer était très forte mais, on peut se baigner dans l'embouchure du fleuve, où il y avait quand même beaucoup de courant.  


Le fleuve


La plage de Jacuipe, là où le fleuve débouche dans la mer



Guarajubá

Guarajuba  se trouve dans le district de Camaçari, à 42 km au nord de l'aéroport, 18 km avant Praia do Forte.

C'était aussi un village de pêcheurs, et on peut encore y retrouver une concentration de pêcheurs au niveau de la Praia do Porto de Guarajuba.

Le mot Guarajuba vient du tupi-guarani, et signifie "l'oiseau d'or", en référence au héron que l'on rencontre  dans la région des lagunes, qui font aujourd'hui partie d'une aire de protection environnementale : "Área de Proteção Ambiental,  APA Lagoas de Guarajuba".

La plage est belle. Il y a de nombreux condominiums résidentiels.

Guarajuba, février 1994

Guarajuba, février 1999





Praia do Forte

Praia do Forte est située à une cinquantaine de kilomètres au nord de Salvador de Bahia. 

Je suis allée à Praia do Forte la première fois, il y a bien longtemps, en 1991. Nous avions pris un bus à la gare routière de Salvador et nous avons mis deux heures pour y arriver. Le dernier tronçon de route était un chemin de terre.

J'avais adoré cet endroit. Le village était très petit. Nous avions dormi dans une pousada à l'entrée du village, parce que moins chère, nous étions près de la lagune.

La plage sur laquelle on débouche, en prenant l'allée centrale du village, est très fréquentée. A côté se trouve le phare. Mais quand on marche vers la gauche, il y a un endroit propice pour se baigner, que l'on appelle "a fossa" parce que là, la profondeur est plus grande, et l'on peut mieux se baigner et on peut admirer les poissons.

Il y a un château médiéval, celui de la famille Garcia d'Ávila. C'est le seul château médiéval construit dans le pays. Le patriarche du clan, Garcia d'Ávila était le trésorier du premier gouverneur général du Brésil, Tomé de Sousa qui débarqua à Bahia en 1549 pour fonder la ville de Salvador de Bahia. Au cours des premières années de la colonisation, d'Ávila réussit à accumuler une fortune immense, principalement en terres. Il arriva à contrôler ce qui fut considéré comme le plus grand latifundio du monde : ses terres s'étendaient de Bahia au Maranhão. Sur son territoire, il construisit le château de Praia do Forte. Les ruines se trouvent à près de deux kilomètres du village de Praia do Forte.

Je savais que le lieu enchanteur que j'avais connu s'était bien transformé au fil des années, et n'avais pas eu envie d'y retourner. Mais ce sont les amis de Salvador, qui m'y ont emmenée, en voiture, des années plus tard, car par la présence de la Estrada do Coco, on relie Salvador et Praia do Forte en un peu plus d'une heure. C'est devenu le lieu favori du dimanche des Bahianais de Salvador.

La transformation était inouïe. De nombreuses maisons se sont transformées en restaurants et en boutiques d'artisanat. Le village s'était agrandi, des tas de restaurants, des pousadas, et beaucoup de monde. Un petit Saint Trop comme on dit chez nous.

Décembre 2001

La rue principale n'est plus en terre

Je ne tenais pas trop à y retourner, mais quand même, j'ai dû m'avouer que malgré la transformation Praia do Forte était toujours aussi belle.





Il y a, là aussi, à Praia do Forte, un centre du Projet TAMAR de préservation des tortues marines, mais je ne l'ai jamais visité. Actuellement, il y a 22 bases du Projet sur tout le littoral du Brésil. 18 fonctionnent toute l'année, et 4 pendant la période de ponte des tortues.

Imbassai

C'est un petit village de pêcheur où le tourisme s'est développé autour de la plage.

Le fleuve qui traverse le village est la rivière Imbassaí. Imbassaí  en tupy signifie la voie d'eau.
Le paysage intègre un écosystème de forêt tropicale, de mangrove, des cascades, des lagunes et des dunes, un abrî pour la faune et la flore.
  
En Février 1994


Mangue Seco

Le dernier arrêt est Mangue Seco. Pour s'y rendre il y a deux options : à pied ou en buggy, qui passe à travers les dunes. Mais je raconte tout cela dans un article prochain, car j'ai mis beaucoup de temps avant de réussir à m'y rendre, seulement en décembre 2001.